Scénarii
Gérard Manvussat
Le début
L’histoire se passe dans la Creuse des années 1980
OUVERTURE
1. EXT. ROUTE COMMUNALE CREUSOISE – JOUR
Un garçon de 15 ans, vêtu et coiffé de velours beige (pantalon, blouson, casquette), chaussé de souliers montants à fermeture éclair, marche. Il porte un sac à dos et mâchouille une fleur.
CHANT DES OISEAUX AU PRINTEMPS
GENERIQUE
2. EXT. VILAGE EN RUINE – JOUR
L’adolescent regarde autour de lui, crache la fleur.
L’ADOLESCENT (voix enfantine)
Que c’est triste ! Comment peut-on vivre ici ?
Il continue d’avancer en secouant la tête. Il passe devant une maison habitable, de construction récente. Il continue de marcher, rassuré d’avoir rencontré un semblant de vie.
3. EXT. UNE MAISON PRES D’UN VIRAGE – JOUR
L’adolescent regarde autour de lui, ouvre l’une des deux barrières et pénètre dans une grande cour de ferme, rangée avec beaucoup de goût.
4. EXT. COUR DE FERME – JOUR
Jeannine Marly donne du grain à ses volailles.
L’adolescent toussote timidement.
L’ADOLESCENT
Je m’appelle Manvussat. Manvussat Gérard. La personne qui vous a téléphoné hier soir. Je viens…
JEANNINE MARLY
Ah oui ! Entrez, mon garçon. Mon mari est après casser la croûte. Vous parlerez.
5. EXT. PORTE DE LA MAISON – JOUR
Gérard frappe quelques coups faibles, puis n’obtenant aucune réponse, insiste plus fortement.
RENE MARLY
(OFF)
Entrez !
Gérard ouvre la porte et la pousse timidement.
6. INT. SALLE COMMUNE – JOUR
M. Marly mange des œufs frits. Sur la table il y a de la charcuterie, du fromage, du pain, du vin.
RENE MARLY
Qu’est-ce que c’est ?
GERARD
Vous êtes Monsieur Marly ?
RENE MARLY
Je suis René Marly. En effet. Que me veux-tu ?
GERARD
(Toujours aussi timide)
Je suis Manvussat. Gérard…
RENE MARLY
Ah oui. Assieds-toi. Et pose ton sac. Tu as déjà travaillé dans une ferme ?
GERARD
Oui, mes parents en avaient une.
RENE MARLY
Mais assieds-toi donc !
Gérard pose son sac à regret et s’assied.
RENE MARLY
Tu sais que c’est très dur. Je te trouve bien gringalet pour travailler la terre.
GERARD
Si je ne fais pas votre affaire, vous me le direz et je m’en irai.
RENE MARLY
Comment as-tu su que je cherchais un commis ?
GERARD
Tout le monde le sait. En plus, votre annonce est affichée au lycée agricole. Je me suis donc dit que c’était vrai. Les gens ne racontent pas toujours que des histoires.
RENE MARLY
D’où viens-tu ?
GERARD
Je préfère ne pas parler de moi.
7. INT. SALLE COMMUNE – JOUR
Jeannine et René Marly, et Gérard déjeunent. JACKY, le benjamin des MARLY, entre.
RENE MARLY
(A Gérard)
Voici Jacky, notre dernier. Celui qui devait rester travailler avec nous et qui a préféré faire le menuisier. Je crois que c’est lui qui a raison.
(A Jacky)
Voici Gérard.
JACKY
Bonjour
GERARD
Bonjour.
(Ils se serrent la main)
8. INT. SALLE COMMUNE – NUIT
Jeannine et René Marly, Jacky et Gérard sont assis autour de la table. Gérard se lève.
GERARD
(Donnant une poignée de main à chacun des trois autres)
Bonne nuit.
LES MARLY
(D’une seule voix)
Bonne nuit.
Gérard sort par une porte du fond de la pièce.
JACKY
Il va trouver tout seul ?
RENE MARLY
Nous lui avons montré sa chambre ce matin.
JACKY
Il semble très sympathique. D’où vient-il ?
JEANNINE MARLY
Voici bien la question que nous nous posons, ton père et moi. Il refuse absolument de parler de ses origines et de sa vie avant aujourd’hui.
RENE MARLY
Il semble très courageux. Il a une voix très juvénile. Il est scolarisé puisqu’il ne peut venir que pendant les vacances scolaires.
JEANNINE MARLY
Nous souhaiterions pourtant prendre contact avec ses parents, surtout pour sa paye. Il ne demande pas beaucoup. Il a dit que nous ferions le prix nous-mêmes.
9. INT. CUISINE – JOUR
JEANNINE MARLY s’affèrent sur la gazinière. Gérard entre. Il se lave les mains au-dessus de l’évier, pose son bleu et l’accroche à un porte-manteau derrière la porte d’entrée.
GERARD
Puis-je mettre le couvert ?
JEANNINE MARLY
Tu as bien assez travaillé. Repose-toi donc un peu.
GERARD
Parce que vous, vous ne faites rien, peut-être ! Traire les vaches, nourrir les porcs et la basse-cour, faire la cuisine : c’est sûrement du repos !
JEANNINE MARLY regarde Gérard en souriant. Gérard marche vers le buffet et en sort quatre assiettes et quatre verres. Il prend les couverts dans le tiroir de la table. Il approche quatre chaises de la table.
RENE MARLY
(Entrant)
Parce que tu fais la bonne aussi ! Il faut reconnaître que ça conviendrait mieux à ton physique et à ta taille.
Gérard rougit. Jeannine Marly a fini ses préparatifs. Elle s’assied, les hommes aussi. Jacky arrive. Ils déjeunent.
10. EXT. COUR – JOUR
Jacky et Gérard attèlent un outil au tracteur. Ils parlent mais leurs voix sont couvertes par le bruit du tracteur.
11. INT. CUISINE – JOUR
Gérard termine une purée. Il fait une sauce vinaigrette. Jacky entre.
JACKY
Tu ne vas pas mourir de faim, au moins ! Mes parents ne sont pas là ?
GERARD
Ils sont partis à la foire. Ils avaient prévu d’y rester une petite heure… mais ils n’ont pas précisé ni la longueur des minutes ni le nombre de minutes composant cette heure.
JACKY
(Souriant)
Ils sont partis depuis longtemps ?
GERARD
Un peu plus de deux heures.
JACKY
Alors tu en profites pour préparer le déjeuner.
GERARD
Ta mère a dit qu’elle achèterait des steaks et qu’elle ferait de la purée pour les accompagner. J’ai essayé de l’avancer un peu. Quand elle arrivera, elle n’aura peut-être pas très envie de s’installer dans la cuisine.
JACKY
Tu fais tout ça chez toi ?
GERARD
Si je ne faisais que ça…
Les parents Marly entrent.
...
A suivre
L’histoire se passe dans la Creuse des années 1980
OUVERTURE
1. EXT. ROUTE COMMUNALE CREUSOISE – JOUR
Un garçon de 15 ans, vêtu et coiffé de velours beige (pantalon, blouson, casquette), chaussé de souliers montants à fermeture éclair, marche. Il porte un sac à dos et mâchouille une fleur.
CHANT DES OISEAUX AU PRINTEMPS
GENERIQUE
2. EXT. VILAGE EN RUINE – JOUR
L’adolescent regarde autour de lui, crache la fleur.
L’ADOLESCENT (voix enfantine)
Que c’est triste ! Comment peut-on vivre ici ?
Il continue d’avancer en secouant la tête. Il passe devant une maison habitable, de construction récente. Il continue de marcher, rassuré d’avoir rencontré un semblant de vie.
3. EXT. UNE MAISON PRES D’UN VIRAGE – JOUR
L’adolescent regarde autour de lui, ouvre l’une des deux barrières et pénètre dans une grande cour de ferme, rangée avec beaucoup de goût.
4. EXT. COUR DE FERME – JOUR
Jeannine Marly donne du grain à ses volailles.
L’adolescent toussote timidement.
L’ADOLESCENT
Je m’appelle Manvussat. Manvussat Gérard. La personne qui vous a téléphoné hier soir. Je viens…
JEANNINE MARLY
Ah oui ! Entrez, mon garçon. Mon mari est après casser la croûte. Vous parlerez.
5. EXT. PORTE DE LA MAISON – JOUR
Gérard frappe quelques coups faibles, puis n’obtenant aucune réponse, insiste plus fortement.
RENE MARLY
(OFF)
Entrez !
Gérard ouvre la porte et la pousse timidement.
6. INT. SALLE COMMUNE – JOUR
M. Marly mange des œufs frits. Sur la table il y a de la charcuterie, du fromage, du pain, du vin.
RENE MARLY
Qu’est-ce que c’est ?
GERARD
Vous êtes Monsieur Marly ?
RENE MARLY
Je suis René Marly. En effet. Que me veux-tu ?
GERARD
(Toujours aussi timide)
Je suis Manvussat. Gérard…
RENE MARLY
Ah oui. Assieds-toi. Et pose ton sac. Tu as déjà travaillé dans une ferme ?
GERARD
Oui, mes parents en avaient une.
RENE MARLY
Mais assieds-toi donc !
Gérard pose son sac à regret et s’assied.
RENE MARLY
Tu sais que c’est très dur. Je te trouve bien gringalet pour travailler la terre.
GERARD
Si je ne fais pas votre affaire, vous me le direz et je m’en irai.
RENE MARLY
Comment as-tu su que je cherchais un commis ?
GERARD
Tout le monde le sait. En plus, votre annonce est affichée au lycée agricole. Je me suis donc dit que c’était vrai. Les gens ne racontent pas toujours que des histoires.
RENE MARLY
D’où viens-tu ?
GERARD
Je préfère ne pas parler de moi.
7. INT. SALLE COMMUNE – JOUR
Jeannine et René Marly, et Gérard déjeunent. JACKY, le benjamin des MARLY, entre.
RENE MARLY
(A Gérard)
Voici Jacky, notre dernier. Celui qui devait rester travailler avec nous et qui a préféré faire le menuisier. Je crois que c’est lui qui a raison.
(A Jacky)
Voici Gérard.
JACKY
Bonjour
GERARD
Bonjour.
(Ils se serrent la main)
8. INT. SALLE COMMUNE – NUIT
Jeannine et René Marly, Jacky et Gérard sont assis autour de la table. Gérard se lève.
GERARD
(Donnant une poignée de main à chacun des trois autres)
Bonne nuit.
LES MARLY
(D’une seule voix)
Bonne nuit.
Gérard sort par une porte du fond de la pièce.
JACKY
Il va trouver tout seul ?
RENE MARLY
Nous lui avons montré sa chambre ce matin.
JACKY
Il semble très sympathique. D’où vient-il ?
JEANNINE MARLY
Voici bien la question que nous nous posons, ton père et moi. Il refuse absolument de parler de ses origines et de sa vie avant aujourd’hui.
RENE MARLY
Il semble très courageux. Il a une voix très juvénile. Il est scolarisé puisqu’il ne peut venir que pendant les vacances scolaires.
JEANNINE MARLY
Nous souhaiterions pourtant prendre contact avec ses parents, surtout pour sa paye. Il ne demande pas beaucoup. Il a dit que nous ferions le prix nous-mêmes.
9. INT. CUISINE – JOUR
JEANNINE MARLY s’affèrent sur la gazinière. Gérard entre. Il se lave les mains au-dessus de l’évier, pose son bleu et l’accroche à un porte-manteau derrière la porte d’entrée.
GERARD
Puis-je mettre le couvert ?
JEANNINE MARLY
Tu as bien assez travaillé. Repose-toi donc un peu.
GERARD
Parce que vous, vous ne faites rien, peut-être ! Traire les vaches, nourrir les porcs et la basse-cour, faire la cuisine : c’est sûrement du repos !
JEANNINE MARLY regarde Gérard en souriant. Gérard marche vers le buffet et en sort quatre assiettes et quatre verres. Il prend les couverts dans le tiroir de la table. Il approche quatre chaises de la table.
RENE MARLY
(Entrant)
Parce que tu fais la bonne aussi ! Il faut reconnaître que ça conviendrait mieux à ton physique et à ta taille.
Gérard rougit. Jeannine Marly a fini ses préparatifs. Elle s’assied, les hommes aussi. Jacky arrive. Ils déjeunent.
10. EXT. COUR – JOUR
Jacky et Gérard attèlent un outil au tracteur. Ils parlent mais leurs voix sont couvertes par le bruit du tracteur.
11. INT. CUISINE – JOUR
Gérard termine une purée. Il fait une sauce vinaigrette. Jacky entre.
JACKY
Tu ne vas pas mourir de faim, au moins ! Mes parents ne sont pas là ?
GERARD
Ils sont partis à la foire. Ils avaient prévu d’y rester une petite heure… mais ils n’ont pas précisé ni la longueur des minutes ni le nombre de minutes composant cette heure.
JACKY
(Souriant)
Ils sont partis depuis longtemps ?
GERARD
Un peu plus de deux heures.
JACKY
Alors tu en profites pour préparer le déjeuner.
GERARD
Ta mère a dit qu’elle achèterait des steaks et qu’elle ferait de la purée pour les accompagner. J’ai essayé de l’avancer un peu. Quand elle arrivera, elle n’aura peut-être pas très envie de s’installer dans la cuisine.
JACKY
Tu fais tout ça chez toi ?
GERARD
Si je ne faisais que ça…
Les parents Marly entrent.



